<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>web-culture &#187; Andre</title>
	<atom:link href="http://www.webculte.fr/author/andre/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.webculte.fr</link>
	<description>Web-Culture, le magazine des cultures alternatives !</description>
	<lastBuildDate>Mon, 26 Jul 2010 11:00:13 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.6</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Natasha Gudermane</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2010/05/20/natasha-gudermane/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2010/05/20/natasha-gudermane/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 20 May 2010 09:02:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photographie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=709</guid>
		<description><![CDATA[
Roland Barthes a dit : &#171;&#160;la Photographie est subversive, non lorsqu’elle effraie, révulse ou même stigmatise, mais lorsqu’elle est pensive&#160;&#187;.
Les photos de Natasha Gudermane sont en quelque sorte une mise en application de cette phrase. Des représentations qui mettent en jeu une exploitation des ressources esthétiques pour diversifier les effets sur le destinataire, mais surtout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/00.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p>Roland Barthes a dit : &laquo;&nbsp;la Photographie est subversive, non lorsqu’elle effraie, révulse ou même stigmatise, mais lorsqu’elle est pensive&nbsp;&raquo;.<br />
Les photos de Natasha Gudermane sont en quelque sorte une mise en application de cette phrase. Des représentations qui mettent en jeu une exploitation des ressources esthétiques pour diversifier les effets sur le destinataire, mais surtout des images qui nous absorbent, où la mise en forme du message est plus influente que l&#8217;aspect visuel. Des photographies qui parlent, des photographies sincères.<br />
<span id="more-709"></span></p>
<p><strong>Qu&#8217;as-tu personnellement découvert en devenant photographe ?<br />
Qu&#8217;est-ce que cela t&#8217;a apporté ? </strong></p>
<p>La photographie m&#8217;a rendue attentive aux détails et très observatrice. Mais peut-être que ce n&#8217;est pas la conséquence mais la raison d&#8217;être photographe ?</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/01.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><strong>Comment s&#8217;impose le choix des histoires que tu veux raconter à travers tes séries<br />
de photos ? D&#8217;ailleurs pourquoi cela passe par des séries plutôt qu&#8217;une photo unique ?</strong></p>
<p>Anna Akhmatova (une grande poétesse russe) disait : &laquo;&nbsp;Si vous saviez de quels déchets poussent les poèmes&nbsp;&raquo;. C&#8217;est un peu la même chose avec les photographies. Les images naissent comme des poèmes et comme des rêves de la poussière du quotidien,  des expériences, des émotions et des pensées de tous les jours.<br />
Au début, je ne travaillais jamais en terme de séries. Par exemple, mes galeries &laquo;&nbsp;Northern tales&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Scream&nbsp;&raquo; ne sont pas des projets. Ce sont des séries composées de photos qui étaient faites dans le même moment de ma vie, et qui se ressemblaient dans l&#8217;humeur et le thème. Personnellement, je trouve que cette façon de travailler est la plus sincère et authentique, car c&#8217;est la plus immédiate.<br />
La nécessité de présenter les photos dans une forme de projet est dictée par le marché. Une série est un produit, alors que des photos variées, qui ne sont pas unies par une ligne esthétique ou un sujet, ne servent à rien aux yeux d’un éditeur ou d’un galeriste. Cela m&#8217;irritait au début, mais finalement j&#8217;ai trouvé un certain plaisir dans cette façon de travailler qui impose une discipline et une réflexion profonde sur le sujet.<br />
Je le vois comme un défi maintenant et j&#8217;aime ça.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/02.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/03.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><strong>J&#8217;ai récemment vu ta série de femmes nues, peux-tu me parler de cette série ?<br />
Qu&#8217;as-tu voulu exprimer et penses-tu avoir réussi ? </strong></p>
<p>C&#8217;est mon nouveau projet sur les parisiennes photographiées nues chez elles. C&#8217;est mon regard d&#8217;une étrangère sur les françaises. Dans cette série je pose des questions plutôt que faire des affirmations. Comment sont les vrais parisiennes ? Comment vivent-elles ? Comment assument-elles leur apparence et leur corps ? Quand je venais d&#8217;arriver à Paris, j&#8217;avais un certain stéréotype de la Parisienne dans ma tête, et j&#8217;étais étonnée  de voir comment ce stéréotype correspondait si peu à la réalité. Au début, ma relation avec les françaises était assez compliquée, je ressentais de la distance et un écart entre nous. J&#8217;ai commencé mon projet en espérant m&#8217;approcher de ces femmes et mieux comprendre ce qui ce cache derrière leur apparence et leur comportement en public. En déshabillant une fille devant mon appareil photo, je la mets dans une situation fragile et c&#8217;est là que tout ce qui est vrai en elle sort. C&#8217;est assez magique.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/04.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/05.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><strong>Pourquoi le nu ?</strong></p>
<p>En laissant de côté tout ce qui est superflu, les masques, les codes sociaux et en partageant son territoire intime, la personne laisse sortir sa vulnérabilité. Or, c’est très beau la vulnérabilité.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/06.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><strong>Ce travail réalisé sur ces femmes nues et cette vulnérabilité dont tu parles, est-ce également une mise à nu de tes propres émotions ? Pourrais-ton dire que tu deviens &laquo;&nbsp;voyeuse&nbsp;&raquo; de celle-ci et non pas &laquo;&nbsp;exhibitionniste&nbsp;&raquo; ?</strong></p>
<p>J&#8217;ai souvent l&#8217;impression que c&#8217;est moi que je déshabille quand je fais les photos.  Je vois dans ce strip-tease d&#8217;âme le sens même de toute la création.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/07.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/08.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><strong>Finalement penses-tu vouloir montrer ta vision de la réalité ? </strong></p>
<p>Bien sûr. Je pense même que je crée ma propre réalité chaque fois que je crée une image.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/09.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><strong>Qu&#8217;est ce qui anime ton désir de photographier ? La photographie est-elle un acte sexuel ? </strong></p>
<p>Quand on regarde la scène de la session photos du film &laquo;&nbsp;Blow-up&nbsp;&raquo; d&#8217;Antonioni, on voit clairement la photographie comme un acte sexuel&#8230;  l&#8217;excitation, la tension, la pénétration dans le territoire intime de l&#8217;autre, le voyeurisme, l&#8217;exhibitionnisme, la sublimation et surtout le plaisir et l&#8217;exaltation&#8230; Mais à part tout ça, il y a un autre point commun très important entre la<br />
photographie et le sexe &#8211; c&#8217;est une envie instinctive d&#8217;affirmer la vie et de<br />
combattre la mort. Rester en vie à travers des photos, préserver pour toujours les instants éphémères et se multiplier dans des nouvelles images que tu apporte au monde. La photographie devient une espèce de pro-création.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/10.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><strong>Où est la place de l&#8217;homme dans tes photos ? </strong></p>
<p>L&#8217;homme dans mes photos, c&#8217;est une bête fantastique que je ne cesse d&#8217;étudier et qui ne cesse de m&#8217;étonner.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/11.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p><strong>Quels vont être tes prochains sujets de travail ? </strong></p>
<p>Il y a 2 ans, un éditeur m&#8217;a demandé de faire une série d&#8217;autoportraits. J&#8217;ai refusé cette idée radicalement. Aujourd&#8217;hui je me sens prête à affronter ma propre image dans une série d&#8217;autoportraits.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/51_natasha_gudermane/12.jpg" alt="Web-Culture Natasha Gudermane" /></p>
<p>SITE<br />
<a href="http://www.gudermane.net/" target="_blank">www.gudermane.net</a></p>
<p>Interview par André Sanchez, relecture Agnès Wronski.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2010/05/20/natasha-gudermane/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Agathe de Bailliencourt</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2010/02/04/agathe-de-bailliencourt/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2010/02/04/agathe-de-bailliencourt/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 14:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Installation]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=528</guid>
		<description><![CDATA[
Depuis que Agathe de Bailliencourt voyage, de Paris à Kuala Lumpur ou de New York à Berlin, elle n’a cessé de laisser des traces. Et au diable le cadre, elle en est sortie comme le papillon de sa chrysalide. Pour suivre cette bouillonnante artiste, il ne faut pas avoir peur de prendre l’avion. Heureusement, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/00.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p>Depuis que Agathe de Bailliencourt voyage, de Paris à Kuala Lumpur ou de New York à Berlin, elle n’a cessé de laisser des traces. Et au diable le cadre, elle en est sortie comme le papillon de sa chrysalide. Pour suivre cette bouillonnante artiste, il ne faut pas avoir peur de prendre l’avion. Heureusement, elle a récemment laissé son empreinte à la galerie Galerie Catherine &amp; Andre Hug à Paris et poursuit sont chemin à l’ambassade de France à… TOKYO !<br />
<span id="more-528"></span></p>
<p><a class="imagelol" title="suite" href="#q2"></a><br />
<img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/01.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /><br />
<a name="q2"></a><br />
<img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/02.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><strong>Peux-tu nous parler de tes premières expériences dans l’Art Contemporain ? Quel a été ton parcours, tes coups de cœurs artistiques, tes aventures…</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q3"></a></p>
<p>J’ai été reçue aux Beaux-Arts de Cergy Pontoise en 1993, j’avais 19 ans. Ma première année à Cergy a été assez horrible, j’étais une des plus jeunes et l’école m’angoissait. Je n’étais pas du tout prête à affronter qui j’étais et le regard des autres, et je n’étais pas prête à développer un travail personnel. J’ai passé deux années très douloureuses aux Beaux-Arts et finalement je suis allée me réfugier à l’École Boulle dans le travail du bois. Avec le recul je vois bien que j’ai eu une réaction « épidermique » au système des Beaux arts (très violent pour moi à l’époque). J’avais besoin de me retrouver dans la matière, dans quelque chose de concret.<br />
Concernant les premiers coups de cœur, il y a eu plusieurs chocs en même temps. D’abord évidemment la découverte de la peinture américaine avec Franz Kline, Joan Mitchell, Jean-Michel Basquiat, Robert Motherwell, Christopher Wool etc. C’est leur liberté, leur radicalité et leur énergie qui m’ont le plus touché. Ensuite dans la peinture française je citerai surtout Georges Braque, Jean Dubuffet et Pierre Soulages, qui sont pour moi des peintres atypiques avec des parcours en marge.</p>
<p>Puis je me souviens d’un grand choc devant une installation de Chorey Feyzdjou dans une expo au Jeu de Paume en 94. Elle montrait sa boutique et ses produits, c’était très fort avec quelque chose de tellement morbide. Ensuite le travail de Sophie Calle et tout spécialement “Le régime chromatique” m’a beaucoup marqué. C’était la première fois que j’étais confrontée à une artiste qui utilise sa vie personnelle de façon aussi transparente. Puis aussi la performance de Marina Abramovic et Ulay « Rest Energy », et pour finir une des installations de Wolfgang Laib, avec du pollen, que j’ai vu au CAPC de Bordeaux au moment ou j’étais aux Beaux-Arts de Cergy. Un travail tellement simple et beau et que je le trouve toujours aussi magique.</p>
<p>Voilà quelques œuvres qui m’ont beaucoup marqué, au début de mes études.</p>
<p>Aujourd’hui les artistes qui m’inspirent sont par exemple (je les cite sans aucune tentative de classement) : Bas Jan Ader, Ryoji Ikeda, Carsten Nicolai, Daniel Richter, Aida Makoto, Felice Varini, Nan Goldin, Georges Rousse, Lisa Sigal, Sarah Sze, Yvette Mattern…</p>
<p>Ces artistes me touchent car ils travaillent soit sur l’espace, soit sur les problèmes d’identité et de société, ou sur le concept d’imperfection et l’idée de rater, ou alors ils parlent tout simplement de peinture.</p>
<p><a name="q3"></a><br />
<img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/03.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><a class="imagelol" title="suite" href="#q4"></a><br />
<img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/04.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><a name="q4"></a><br />
<strong>Beaucoup d’artistes choisissent de s’exiler à l’étranger afin de trouver une source d’inspiration. Quels furent tes motivations pour aller en Asie et maintenant à Berlin ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q5"></a></p>
<p>J’avais envie de découvrir autre chose, la vie à Paris m’ennuyait… J’aime découvrir d’autres cultures, être dépaysée. Et puis apprendre une nouvelle langue est une chose passionnante.</p>
<p><a name="q5"></a><br />
<img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/05.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><a class="imagelol" title="suite" href="#q6"></a><br />
<img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/06.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><a name="q6"></a><br />
<strong>On dit souvent que les voyages forment la jeunesse. Ont-ils été importants pour amener ton travail à maturation ?</strong></p>
<p>Je crois que ce qui m’a fait le plus mûrir, au-delà des voyages, c’est de m’installer à l’étranger. C’est très dur de s’installer quelque part, ailleurs, loin de sa famille et de ses amis. On est souvent très seul au départ et il faut faire son trou, rencontrer des gens nouveaux. Cela t’oblige à être sociable, flexible et ouvert d’esprit. Quand je suis arrivée à Berlin (de Singapour) avec mes deux sacs en mars 2007, je ne parlais plus l’allemand (j’avais appris à l’école mais tout oublié) et je ne connaissais qu’une personne… Cette expérience a été une des plus dures mais aussi sans doute, celle qui m’a le plus appris et changé.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/07.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><strong>Lorsque tu as dégagé ton art de toute contrainte de cadre, comme la toile ou le papier, pour t’exprimer à même le sol, à même la rue, le temps est-il devenu la contrainte principale un peu comme… un cadre ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q2"></a></p>
<p>Je ne suis jamais préoccupée ni stressée par le temps dont je dispose pour réaliser un travail : je crée une installation dans le temps qui m’est donné, que cela soit un mois, quinze jours ou quelques heures… Le travail s’inscrit dans notre monde actuel et ne peut que «coller» au temps, et aux réalités matérielles et géographiques.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/08.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><strong>Tes œuvres comme « j’aime, j’aime pas » reflètent-elle une forme d’exutoire ? Peut-on dire à ce propos, que ton travail fait office de thérapie ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q2"></a></p>
<p>Mon travail est lié à ce que je vis, sans aucun doute. Je me sens très proche de Sophie Calle par exemple qui travaille avec un matériau très concret : sa propre vie. Alors dans ce cas là, oui, on peut parler de forme d’exutoire. J’utilise mes émotions et je les « cristallise » sur des supports. Mais « J’aime-j’aime pas » qui date de 2005 me paraît tellement loin. Aujourd’hui dans mes toiles et dessins j’écris « je m’en fous » et « on s’en fout », ce que je trouve tout à fait libérateur. Est ce que je fais une thérapie en peignant ? Sincèrement je n’ai pas tellement envie de tomber dans les clichés de la peinture. C’est vrai que mon travail parle des problèmes d’identité mais je ne pense jamais à cela quand je travaille. Je peins car j’ai besoin de m’exprimer et ce que je cherche, c’est une certaine liberté.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/09.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><strong>Après être sortie du « cadre », quelle sera la prochaine étape de ton travail ? As-tu justement envisagé de revenir à des supports plus classiques avec ton expérience ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q2"></a></p>
<p>Oh je n’ai pas fini d’explorer cette idée d’être « hors cadre » ! Je viens juste de commencer. Et puis parallèlement – et cela depuis le tout début – j’ai toujours travaillé sur des supports très « classiques » comme la toile ou le papier.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/10.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><strong>Te sens-tu proche de mouvements artistiques comme le Street-Art ou le Land Art ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q2"></a></p>
<p>J’aime le travail de nombreux artistes appartenant aux deux mouvements (comme Futura 2000, El Tono, ou Michael Heizer pour en citer quelques uns) et il y a plein de choses qui me donnent des idées, mais honnêtement non, je ne me sens pas trop proche de ces mouvements.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/11.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p><strong>Comment se sont déroulés tes premiers travaux de commande pour Comme des Garçons ou Ogilvy par exemple ? Ta liberté d’exécution était-elle la même ?</strong></p>
<p>Le projet pour Comme des Garçons a vraiment été génial et facile. Ils ont choisi un de mes dessins existant et l’ont utilisé pour une série limitée de T.shirts, vendus exclusivement chez « Colette meets Comme des Garçons » à Tokyo en 2004.</p>
<p>Comme des Garçons est une marque que j’adore car même s’ils font des collaborations avec des artistes, ils n’imposent rien, ils ont un respect énorme pour le travail de l’artiste, ce que je n’ai pas souvent rencontré malheureusement par la suite. J’ai adoré travailler avec eux.</p>
<p>Pour Ogilvy, là le projet était très différent. Ils m’ont contactée à Singapour pour créer 3 affiches pour une campagne de publicité. J’avais donc un « brief », un patron et un client en face de moi… Ce qui n’a rien a voir.</p>
<p>Très sincèrement le projet entre Ogilvy Singapour et moi ne s’est pas très bien fini. Les affiches qui ont gagné entre autre un Lion d’or et un Lion d’argent à Cannes en 2005, et un prix à Londres en 2004, ont été publiées dans plusieurs journaux et magazines sans que mon nom soit mentionné, ce que j’ai trouvé vraiment choquant.</p>
<p>J’ai beaucoup appris avec ces collaborations, j’ai appris à me protéger, à garder ma liberté d’expression et à imposer mes conditions de travail.</p>
<p>Aujourd’hui la liberté est la chose la plus importante pour moi, et c’est ce sur quoi je travaille. Même en peignant de la peinture abstraite, je cherche à être le plus concret possible. C’est pour cela que je parle de moi-même et de ma propre liberté face à l’histoire et au monde de l’art, à la société et face au monde en général. Mais il y a rarement des moments purement libres sans contradiction. La contradiction fait partie intégrante de mon travail, et si cela parle aux gens qui le regardent, c’est encore mieux. Dans mes installations, j’ai la possibilité de peindre dans le monde concret, très directement.</p>
<p>Avec le recul, quand je regarde mon parcours, je suis plutôt contente d’avoir quitté les Beaux-Arts en cours de route. Je n’ai pas l’impression d’avoir été conditionnée par un système et une façon de penser. Aujourd’hui je ne me sens pas du tout dans la tendance actuelle de l’art contemporain et ce n’est pas ce que je cherche. Mais l’art contemporain devrait être, à mon sens, détaché des phénomènes de mode, ce qui est loin d’être le cas. J’écris “je m’en fous”- et bien sûr je ne m’en fous pas du tout.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/44_agathe/12.jpg" alt="Web-Culture Agathe de Bailliencourt" /></p>
<p>SITE<br />
<a href="http://www.agathedeb.com/" target="_blank">http://www.agathedeb.com/</a></p>
<p>GALERIE<br />
<a href="http://www.galeriehug.com/" target="_blank">http://www.galeriehug.com/</a></p>
<p>Interview André Sanchez.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2010/02/04/agathe-de-bailliencourt/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Vanessa Fanuele exposition</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2009/10/15/vanessa-fanuele-exposition/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2009/10/15/vanessa-fanuele-exposition/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 16:38:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Installation]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=72</guid>
		<description><![CDATA[La galerie VDS a le plaisir d’annoncer sa participation à SLICK, foire d’art contemporain dédiée aux artistes émergents &#038; confirmées de la scène internationale.

Foire du 23 au 26 octobre 2009 : Stand F01

Preview : jeudi 22 de 14 à 18 heures / Vernissage : jeudi 22 de 18 à 23 heures (sur invitation) au CENTQUATRE :
104, rue d’Aubervilliers ou 5, rue Curial 75019 Paris – France – M° 7, stations Stalingrad / Riquet ou Crimée

SR Labo / Vanessa Fanuele / Melissa Steckbauer / Carl d’Alvia / John Phillip Abbott / Leylagoor + Ann Guillaume / Pesce Khete

Premier accrochage jeudi , vendredi et samedi :
SR Labo / Vanessa Fanuele / Melissa Steckbauer

Deuxième accrochage dimanche et lundi:
Carl d’Alvia / John Phillip Abbott / Leylagoor + Ann Guillaume / Pesce Khete

41 rue du Faubourg St-Martin, passage Gustave Goublier – 75010 Paris – France
+ 33 (0)6 75 21 84 70 / + 33 (0)1 42 59 41 81 / contact@vdstegen.com
du mercredi au samedi de 14:00 à 19:00 et sur rdv]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La galerie VDS a le plaisir d’annoncer sa participation à SLICK, foire d’art contemporain dédiée aux artistes émergents &amp; confirmées de la scène internationale.</p>
<p>Foire du 23 au 26 octobre 2009 : Stand F01</p>
<p>Preview : jeudi 22 de 14 à 18 heures / Vernissage : jeudi 22 de 18 à 23 heures (sur invitation) au CENTQUATRE :<br />
104, rue d’Aubervilliers ou 5, rue Curial 75019  Paris – France – M° 7, stations Stalingrad / Riquet ou Crimée</p>
<p>SR Labo / Vanessa Fanuele / Melissa Steckbauer / Carl d’Alvia / John Phillip Abbott / Leylagoor + Ann Guillaume  / Pesce Khete</p>
<p>Premier accrochage jeudi , vendredi et samedi :<br />
SR Labo / Vanessa Fanuele / Melissa Steckbauer</p>
<p>Deuxième accrochage dimanche et lundi:<br />
Carl d’Alvia / John Phillip Abbott / Leylagoor + Ann Guillaume / Pesce Khete</p>
<p>41 rue  du Faubourg St-Martin, passage Gustave Goublier – 75010 Paris – France<br />
+ 33 (0)6 75 21 84 70 / + 33 (0)1 42 59 41 81 / contact@vdstegen.com<br />
du mercredi au samedi de 14:00 à 19:00 et sur rdv</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2009/10/15/vanessa-fanuele-exposition/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Vanessa Fanuele</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2009/10/08/vanessa-fanuele/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2009/10/08/vanessa-fanuele/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 16:37:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Installation]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=70</guid>
		<description><![CDATA[Diplômée en école d’architecture, Vanessa Fanuele s’est récemment dirigée vers la peinture et les installations pour satisfaire son désir d’expression. Elle a ouvert une boite et montre ce qu’elle y trouve à l’intérieur. C’est une visite dans un monde ou l’on n’oserai pas pénétrer mais qui n’en ai pas moins fascinant. Sombre, étrange, certes mais ou l’on sent l’emprunte de la liberté, une émancipation du geste avec une sorte d’évasion de l’inconscient. Elle bouleverse les normes du dedans/dehors, et s’épanche sur l’intérieur pour nous en faire découvrir l’infinie. A la clef, une multitude d’expositions et des œuvres captivantes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/00.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="top"></a><br />
Diplômée en école d’architecture, Vanessa Fanuele s’est récemment dirigée vers la peinture et les installations pour satisfaire son désir d’expression. Elle a ouvert une boite et montre ce qu’elle y trouve à l’intérieur. C’est une visite dans un monde ou l’on n’oserai pas pénétrer mais qui n’en ai pas moins fascinant. Sombre, étrange, certes mais ou l’on sent l’emprunte de la liberté, une émancipation du geste avec une sorte d’évasion de l’inconscient. Elle bouleverse les normes du dedans/dehors, et s’épanche sur l’intérieur pour nous en faire découvrir l’infinie. A la clef, une multitude d’expositions et des œuvres captivantes.</p>
<p><span id="more-70"></span><br />
<strong>Après des études et une expérience dans l’architecture, comment passe-t-on de l’univers précis et rigoriste qu’elle inculque, à l’abandon et l’aléatoire que l’on retrouve dans ton art ? </strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q2"></a></p>
<p>Je ne pense pas être passée d’un monde rigoureux à un monde aléatoire, il existe de nombreux liens entre architecture et peinture et en choisissant de peindre je crois avoir glissé petit à petit vers qui je suis réellement. L’architecture est mentale et concrète à la fois. Abstraite car pas toujours réalisée, elle doit quand même être précise car elle a une fonction d’abri, de vie. C’est une discipline tournée vers les autres. L’homme est au centre de la question.<br />
La peinture est plus « introvertie », plus « personnelle », elle n’a pas une fonction à proprement dit. Elle ne représente pas non plus l’abandon et l’aléatoire car il y a réflexion et maîtrise mais c’est en effet beaucoup plus physique que ce que j’imaginais. Le corps tout entier est impliqué.<br />
Je pense que la grande difficulté en peinture, c’est de se libérer des références intellectuelles, des images qui nous envahissent et d’aller au fond de soi ; de se poser des questions souvent assez radicales et d’aller à l’essentiel. Je dirais que la peinture m’oblige à me connaître totalement car elle me remet constamment en question.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/01.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/02.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q2"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Est-ce que l’enseignement de l’architecture, et je pense notamment à l’étude des matières, t’ont permis de donner de l’ampleur à tes œuvres ? </strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q3"></a></p>
<p>L’architecture m’a surtout permis de raconter une histoire, de projeter dans l’espace, de rendre concret un concept… Elle m’a appris à voir ce qui ne se voit pas et à développer mon imagination. Ce qui m’intéresse, c’est avant tout ma recherche, mes questions et essayer d’y répondre le plus justement possible. Mes œuvres naissent et mûrissent dans ma tête, c’est une histoire mentale, la matière n’intervient que beaucoup plus tard, au moment de les exprimer sur un support concret.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/03.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q3"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Tes dessins, qui sont tes premières créations, semblent tout droit sortis de ton inconscient, qu’est ce qui t’a poussée à t’exprimer ainsi ? </strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q4"></a></p>
<p>Je ne sais toujours pas exactement ce qui m’a poussé à créer et cette question sans réponse précise est sans doute mon moteur. Ce que je sais, en revanche, c’est que c’est une force qui s’est imposée à moi et que je n’ai pas pu contenir. Je ne maîtrise donc pas totalement cette pulsion, mais j’essaie de l’apprivoiser en vivant avec.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/04.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q4"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quand on regarde tes travaux, comme « Éruption » ou « Jusqu’à ce que la mort nous sépare », peut-on dire qu’intériorité et ouverture sont les axes principaux de la poésie qui se dégage de ces installations ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q5"></a></p>
<p>A travers mes œuvres je parle du dedans, des sensations, des émotions, des angoisses, ce sont des sortes de « paysages intérieurs », des explorations abstraites… Je cherche en fait à exprimer des choses invisibles, à leur donner des formes, à les concrétiser. De cette façon je peux mieux les voir, les appréhender, y faire face, même si l’intérieur d’un être demeure un grand mystère. Ce mystère me permet d’explorer à l’infini.<br />
Les installations « Éruption » et « Jusqu’à ce que la mort nous sépare » répondent à des questions que je me pose souvent, soit la question de l’intimité, du corps, de la renaissance, de la boîte, du secret, des objets étranges…</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/05.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/13.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q5"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>On considère que ton œuvre est sombre, inquiétante et fascinante, mais, n’est-ce seulement qu’une étape du chemin que tu explores ? </strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q6"></a></p>
<p>Dès lors qu’une œuvre n’est pas “identifiable” alors elle peut paraître sombre ou inquiétante. On peut avoir l’intuition de ce que j’ai voulu exprimer mais peut-être pas le déceler clairement. Dans un certain sens heureusement, car ce sont des questions que je me pose et que j’exprime sans y répondre avec précision. En fin de compte, le spectateur et moi sommes identiques puisque nous cherchons, l’un et l’autre, à comprendre de quoi il s’agit (rires). Mais l’intimité est difficilement compréhensible. Elle semble se situer entre le physique et le mental et soulève des questions sans forcément y répondre. Elle apparaît donc comme une inquiétude étrange et subjective.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/06.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q6"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quand je regarde l’ensemble de ton travail, il y a 4 mots qui me viennent à l’esprit : force, souvenir, sacré, liberté. Que représentent ces mots pour toi ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q7"></a></p>
<p>Je vois la force comme l’élan qui transporte un être, un élan constructif, productif, et positif. La force permet de ne pas subir la vie, d’être comme suspendu et d’affronter le temps.<br />
Le souvenir c’est le lien, le lien avec le temps, avec les proches. Le souvenir c’est notre histoire, il peut être autant rassurant qu’inquiétant.<br />
Le sacré pourrait être un souvenir vivant et fabriqué, c’est un autre rapport au temps, assez étrange ; le sacré est fascinant car je ne peux pas exactement le définir mais je peux le ressentir…<br />
La liberté c’est un luxe qu’il est difficile de s’offrir. Il est aussi très difficile de définir ce que c’est. Peut être que l’artiste se rapproche de la liberté en ce sens qu’il en a besoin pour réussir à se détacher de la réalité ; son espace-temps est forcément différent. Tout est plus extensible, tout est possible.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/07.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/12.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q7"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Tes techniques de travail sont très variées : dessin, peinture, photographie, construction, installations… (dis-moi si j’en oublie…) Est-ce le sujet qui va déterminer la technique que tu vas employer ou l’inverse ? </strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q8"></a></p>
<p>Ce qui m’importe avant tout c’est de m’exprimer, la technique n’est finalement qu’un prétexte. Petit à petit j’apprends à me connaître et à comprendre quelle méthode je dois utiliser pour être en adéquation avec mes idées mais il y a encore beaucoup de travail ! C’est une recherche permanente.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/08.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q8"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Je sais que le fait de te servir de l’art comme moyen d’expression est apparu récemment, pourtant tu as déjà fait un nombre intéressant d’expositions dans des galeries et musées. Qu’as-tu ressenti en te voyant aussi rapidement présentée ? </strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q9"></a></p>
<p>J’avoue être un peu dépassée car je n’avais pas imaginé tout ceci. En exposant aussi rapidement j’ai parfois la sensation d’avoir perdu un peu de ma liberté mais je suis également consciente que cela a permis à mon travail de mûrir.<br />
Ce que je souhaite surtout c’est que mes créations évoluent et que je puisse vivre chaque étape de cette évolution.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/09.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q9"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Ton travail est-il également guidé par le désir d’être exhibée ? </strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q10"></a></p>
<p>En effet exposer c’est se mettre à nu et pour montrer son travail il faut avoir une certaine dose d’ego ou d’inconscience. Je n’ai cependant pas la sensation de m’exhiber mais plutôt de montrer qui je suis.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/10.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/31_fanuele/11.jpg" alt="Web-Culture Vanessa Fanuele" /><br />
<a name="q10"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>J’ai eu l’occasion de te croiser souvent dans des vernissages… Avec ce que tu vois dans les galeries, pourrais-tu me donner ta définition personnelle d’Art Contemporain ?</strong></p>
<p>Définir l’art contemporain est complexe car nous ne pouvons pas réellement juger ce qui est « art » aujourd’hui. Nous n’avons pas le recul nécessaire. C’est le temps qui permet de définir.<br />
J’ai juste la sensation que face à l’art contemporain je dois me faire confiance, me laisser aller et me diriger vers ce qui me touche.<br />
Peu d’émotions se dégagent des œuvres contemporaines et c’est ce que je reproche à l’art aujourd’hui.</p>
<p><a href="http://www.vanessafanuele.com/" target="_blank"><strong>http://www.vanessafanuele.com/</strong></a><br />
<a href="http://fanuele-vanessa.blogspot.com/" target="_blank"><strong>http://fanuele-vanessa.blogspot.com/</strong></a></p>
<p>Interview André Sanchez</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2009/10/08/vanessa-fanuele/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Rossina BOSSIO</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2009/07/22/rossina-bossio/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2009/07/22/rossina-bossio/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2009 16:34:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=58</guid>
		<description><![CDATA[

Jeune artiste Colombienne née à Bogota, où elle a suivi des études d’Arts Visuels à l’Université Javeriana. Elle habite et travaille à Rennes, en France. Son œuvre, principalement composée de peintures, de photographies et de dessins, a été présentée dans plusieurs expositions individuelles et collectives.
Il se dégage de son travail une maturité palpable, aussi bien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/00.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="top"></a></p>
<p>Jeune artiste Colombienne née à Bogota, où elle a suivi des études d’Arts Visuels à l’Université Javeriana. Elle habite et travaille à Rennes, en France. Son œuvre, principalement composée de peintures, de photographies et de dessins, a été présentée dans plusieurs expositions individuelles et collectives.<br />
Il se dégage de son travail une maturité palpable, aussi bien en peinture qu’en photo.<br />
Ainsi, Rossina BOSSIO n’hésite pas à explorer ses peurs intérieures, à rejouer sa propre histoire afin de reconstruire son monde à travers une multitude de portraits. Ambiguïté, doute et contradiction, comme elle nous l’a fait remarquer, sont les mots décrivant le mieux l’ensemble de son travail.<br />
<span id="more-58"></span></p>
<p><strong>Je trouve toujours intéressant de savoir ce qui pousse une personne à faire des d’études d’art. Certaines suivent une sorte de « tradition familiale », d’autres sentent un besoin d’expression passant par ce genre d’étude… Dans ton cas, quel fût l’élément déclencheur ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q1"></a></p>
<p>Déjà petite, je ressentais ce besoin « d’expression », qui m’a toujours poussée à m’impliquer dans toutes sortes d’activités artistiques. Mon désir de faire de l’art est devenu quelque chose d’irrépressible suite à l’opposition de mon père. Il voulait que je poursuive une carrière « plus sérieuse », me donnant une sécurité économique. Mais, bien qu’ayant testé d’autres chemins, très vite, je me suis rendue à l’évidence : mon truc, c’était l’art !</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/01.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/02.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q1"></a><br />
<strong>Penses-tu poursuivre le même chemin artistique depuis que tu es en France ? Ressens-tu une différence de regard sur ton travail par rapport à ton pays d’origine ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q2"></a></p>
<p>Pour créer, je fais toujours appel à mon passé. J’ai grandi dans une atmosphère religieuse et conservatrice, et le fait d’être loin de ce type de constriction a insufflé une grande libération expressive à mon travail. L’éloignement géographique est aussi un éloignement psychologique où les souvenirs et l’individualité se vivent plus intensément. Cela explique pourquoi mes créations ont progressivement pris un aspect plus cru et direct. En bref, je dirais que mon travail a beaucoup changé depuis que je suis en France.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/03.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/04.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q2"></a><br />
<strong>L’ensemble de ton travail est plutôt riche, entre dessin, peinture et photographie. Quel fût le premier support que tu as utilisé pour t’exprimer ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q3"></a><br />
Mon premier médium a été le dessin. Très jeune, j’y ai trouvé un monde parallèle me donnant une possibilité de liberté et je n’ai plus jamais arrêté de le pratiquer depuis. Aujourd’hui le dessin reste une sorte de journal où j’exprime et analyse mes obsessions, mes désirs, mes peurs quotidiennes.<br />
J’ai eu des cours de peinture pour la première fois à l’Université en 2006 : théorie de la couleur et d’autres choses très techniques. Même si, au début, c’était extrêmement frustrant – me sachant très impatiente, ma formation précédente en dessin m’a permise de saisir une méthode basique, puis d’aborder la peinture avec davantage de liberté. Après, j’ai suivi d’autres cours desquels j’absorbais ce qui me servait et rejetais le reste. Je garde toujours en tête les conseils de certains artistes et professeurs dont l’opinion m’importe beaucoup.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/05.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/06.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q3"></a><br />
<strong>Certaines de tes peintures me font penser à Balthus, mais on y trouve également diverses sources d’influence. Quels sont les principaux artistes qui t’ont marqués ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q4"></a></p>
<p>Effectivement, Balthus est l’un des artistes qui m’ont le plus marqués. Il y a également Jenny Saville, Francis Bacon, Lucian Freud, Egon Schiele et Edgar Degas.<br />
Dernièrement, j’ai beaucoup observé le travail de Marlene Dumas, Alex Kanevsky, Chloe Piene et Lena Cronqvist, ainsi que de jeunes peintres figuratifs tels que Marc Ryden et Barnaby Whitfield. En ce qui concerne la photographie, j’apprécie énormément les travaux de Janieta Eyre, Joel-Peter Witkin ; et des photographes de mode comme Steven Klein. Une autre influence significative très récente est la Peinture Neo-Grenadine, c’est-à-dire la peinture de la Colombie des XVIIème et XVIIIème siècles.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/07.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q4"></a><br />
<strong>On trouve dans tes peintures essentiellement du portrait ou des scènes de vie… Qu’est-ce qui détermine ce choix et comment définis-tu ce que tu vas peindre ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q5"></a></p>
<p>Lors de mes premières approches de la peinture, j’étais très attirée par le visage humain et par le portrait peint. Je voulais revendiquer ce dernier, considéré par la plupart de mes enseignants comme un simple exercice technique. De plus, j’en avais assez des « manières » liées à l’art conceptuel, j’ai donc réalisé quantité de portraits !<br />
À présent, cela a changé. Si je veux peindre les traits d’une personne, c’est uniquement parce qu’ils me renvoient à mes souvenirs. Tout ce qui m’intéresse en ce moment est d’ordre personnel.<br />
Afin de définir ce que je veux peindre, je choisis les images les plus fortes présentes dans mon esprit : celles qui ne me laissent pas tranquille jusqu’à ce que je trouve la clef.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/08.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/09.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q5"></a><br />
<strong>Il y a aussi tous ces visages peints (série Drill) qui renvoient une forme de mélancolie. Est-ce qu’ici la peinture est un exutoire pour toi ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q6"></a><br />
Effectivement, l’art en général est la seule façon dont je peux encadrer le chaos niché dans mon esprit et donner forme à mes idées, sans craindre d’être contradictoire, et sans forcement arriver à des affirmations absolues. C’est, par ailleurs, la seule manière de communiquer toutes ces choses que je ne pourrais transmettre autrement.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/10.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q6"></a><br />
<strong>Est-ce que le dessin est une première approche pour préparer tes peintures ou fais-tu vraiment la différence entre ces deux pratiques afin de consacrer réellement une place à ce dernier dans ton œuvre artistique ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q7"></a><br />
Je les vois et les conçois séparément. Pour peindre, je vais directement à la toile. Parfois, je fais une petite ébauche dans un carnet pour clarifier une idée ou juste pour ne pas l’oublier. À côté de cela, je fais des dessins qui fonctionnent indépendamment de la peinture.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/11.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q7"></a><br />
<strong>La photographie t’accompagne t-elle aussi depuis toujours ? Est-elle complémentaire de tes peintures ou représente t-elle l’évolution de celle-ci ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q8"></a><br />
La photographie, je l’ai touchée avant la peinture. Lors de mes premiers cours à l’université, l’on me demandait de prendre des photos dans la rue. C’était affreux ! À partir d’un certain moment, j’ai compris que je n’étais pas très douée pour capturer des « instants décisifs » mais que j’avais besoin de planifier mes photos, de mettre en scène mes idées. Un peu comme dans la peinture.<br />
Les deux pratiques sont complémentaires et ont la même importance dans ma démarche artistique, même si elles se sont développées de façon indépendantes.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/12.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q8"></a><br />
<strong>Tu as fait le choix de l’autoportrait, que ce soit en photo ou en peinture, est-ce pour se donner à voir et justement montrer ce que l’on souhaite exprimer de manière poétique ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q9"></a><br />
Mon travail est notamment auto-référentiel, donc tout ce que je fais peut être considéré comme de « l’autoportrait », même si je ne suis pas toujours le modèle.<br />
Or, lorsque je le suis, il s’agît dans la plupart des cas d’une auto-fiction, plutôt que d’une expression poétique de moi-même. C’est mon propre théâtre : je crée le scénario, je me déguise et joue le rôle que j’ai choisi.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/13.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q9"></a><br />
<strong>Est-ce que tu mixes la peinture et la photographie ? Est-ce que le croisement de ces deux pratiques est envisageable ? </strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q10"></a><br />
J’ai pensé à la possibilité de mélanger ces deux pratiques mais pour le moment je n’ai rien de prévu là-dessus. À un moment donné j’ai réfléchi à la possibilité de ne me concentrer que sur un des deux mediums, mais je n’y arrive pas : je les trouve autant importants et nécessaires l’un que l’autre. Pour moi, la démarche de création est plus évidente et les effets qu’une photo produit sur le spectateur, plus immédiats. Or, la peinture exige plus de temps, tant pour être créée que pour être appréciée. J’ai besoin de changer occasionnellement entre la promptitude de la photo et le délai nécessaire à l’appréhension de la peinture. La peinture a pour moi une histoire plus profonde, parce qu’elle endure de nombreuses étapes et comporte plusieurs couches. Par contre, dans la photo, il y a quelque chose d’aléatoire et de plus bref que je trouve aussi très gratifiant. Ce sont justement ces qualités de la photo qui m’apprennent à faire confiance aux gestes rapides et aux hasards qui peuvent apparaître dans la peinture.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/14.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /><br />
<a name="q10"></a><br />
<strong>Peux-tu nous parler de tes projets : Dialogue with the Radio et In her Own Image ?</strong></p>
<p>« Dialogue With The Radio » est un projet interactif sur Internet qui invite les internautes à discuter autour de mon travail. Il a commencé l’année dernière sur Flickr, la populaire plateforme d’échange d’images. Mais pour le moment le projet est en stand by car j’ai été censurée par l’administration du site – suite au téléchargement d’images incluant de la nudité. Actuellement je travaille sur mon site web afin d’avoir un lieu où je puisse dire et faire ce que je veux sans problème.<br />
« In Her Own Image » est la deuxième publication du FSPASG (Female Self-portrait Artists’ Support Group, fonctionnant avec Flickr aussi). Il s’agit d’un livre qui comporte une collection d’autoportraits faits par des femmes photographes du monde entier. Il sera bientôt en vente sur <a href="http://www.blurb.com/" target="_blank">Blurb.com</a>.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/26_rossina/15.jpg" alt="Web-Culture Rossina Bossio" /></p>
<p><a href="http://rossinabossio.com/" target="_blank">www.rossinabossio.com</a><br />
<a href="http://www.flickr.com/photos/rossinabossio" target="_blank">www.flickr.com/rossinabossio</a></p>
<p>Interview André Sanchez</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2009/07/22/rossina-bossio/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Joachim Lapôtre</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2009/06/04/joachim-lapotre/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2009/06/04/joachim-lapotre/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2009 16:31:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Photomanipulation]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=43</guid>
		<description><![CDATA[
De nos jours, la technologie repousse aisément les limites de la fantaisie et de notre perception. Imaginons un peu ce que pourrait être une photo vivante, un peu comme le portrait d’un Dorian Gray. Une photo dont le sujet continuerait à vivre, à se développer et, inéluctablement, à pourrir.
Avec la précision d’une image publicitaire, Joachim [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/00.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p>De nos jours, la technologie repousse aisément les limites de la fantaisie et de notre perception. Imaginons un peu ce que pourrait être une photo vivante, un peu comme le portrait d’un Dorian Gray. Une photo dont le sujet continuerait à vivre, à se développer et, inéluctablement, à pourrir.<br />
Avec la précision d’une image publicitaire, Joachim Lapôtre a donné vie à ces photos : des natures mortes en décomposition, comme symbole de l’impermanence. Mais, ne serait-ce pas un pied de nez au culte de la consommation ? Ces images, plongées entre répugnance et beauté, seraient-elles l’œuvre d’une perception cynique de notre quotidien ? Des photos qui nous poussent simplement à réfléchir sur le déclin de notre société.<a name="top"></a><br />
<span id="more-43"></span></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/01.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/02.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>À 32 ans, tu fais déjà figure d’artiste confirmé avec de nombreuses expositions qui t’ont porté à travers le monde… Comment vis-tu cette notoriété ?</strong></p>
<p>C’est plus de la reconnaissance que de la notoriété, et c’est très motivant. Évidement, j’aimerais bien être connu comme Damien Hirst ou Jeff Koons, cela me permettrait de travailler plus confortablement et à une plus grande échelle, mais encore faudrait-il que je le mérite.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/03.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/04.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>Avant d’en arriver là, quels ont été les chemins que tu as choisis ? </strong></p>
<p>Adolescent, j’ai fait un apprentissage du graphisme avec la grande vague des Start-up et du démarrage d’Internet qui déferlait en France. Le Web m’a mis un pied dans la pub et j’y suis resté de 17 à 27 ans, comme stagiaire puis en tant que directeur artistique. Je faisais des sites, de l’animation, de la vidéo, du print, du logo ; en somme, tout l’attirail de la communication.<br />
En parallèle, j’en suis venu à faire des vidéos avec des musiciens contemporains de la scène électronique italienne et française.<br />
Quand la grosse vague de graphisme est arrivée et a tout uniformisé, je m’en suis désintéressé.<br />
Avec mon dernier chèque, j’ai acheté un Canon 350D. J’avais eu un premier contact avec la photo un an auparavant. Le reflex numérique m’a tenu en haleine jour et nuit. C’était très excitant, cette impression que tout est possible quand tu abordes un nouveau media, un terrain vierge. Après mon expérience dans la vidéo, je fus séduit par le challenge de devoir raconter une histoire en une seule image.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/05.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/06.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>Lorsque tu prépares un sujet, es-tu seul à travailler dessus ou œuvres-tu avec une équipe comme beaucoup de photographes contemporains ? </strong></p>
<p>Je préfère travailler seul. J’avance à tâtons quand je shoote, dans l’incertitude. Ce serait dur d’expliquer à une équipe ce que je veux et ce dont j’ai besoin. Je me fie à des impressions ruminées, documentées et mûries, tantôt précises, tantôt vagues. J’aime travailler avec des modèles mais le fait de devoir dépendre de quelqu’un me freine dans mon travail.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/07.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>Ta série « PORTRAIT DU QUOTIDIEN » dresse un regard bien sombre de l’ordinaire… Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?</strong></p>
<p>C’est vrai qu’au premier abord, le portrait que j’ai dressé est plutôt noir. C’est un point de vue subjectif, c’est le principe du verre à moitié vide – à moitié plein. On peut en effet y voir quelque chose de complètement pourri, mais on peut aussi se dire qu’aujourd’hui, avec une bouteille de coca et une boite de camembert, on peut vivre un moment de grâce et de noblesse. Comme ceux que vivaient au quotidien les peintres flamands. Mais mon approche est en effet plus trash.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/08.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>Quand tu commences une série, comme celle des bonbons germés, quand et comment décides-tu qu’elle est terminée, que tu as suffisamment d’éléments pour exprimer ce que tu voulais dire ?</strong></p>
<p>Je bosse un peu comme le ferait un peintre : pour moi, une image n’est jamais finie ; avec le temps, je vois toujours des choses que je veux refaire. Donc, pour une série, c’est un peu la même chose, j’ai du mal à m’arrêter. La première série que j ai commencée il y a 3 ans est celle des natures mortes picturales (portraits du quotidien) et c’est aussi la plus grosse. Après les 9 premières exposées, j’ai toujours continué à produire pour cette série, et j’en suis, à présent, à 23. Je vais faire d’autres bonbons germés (Seeds/Graines) dans les jours à venir. J’ai 3 mangas finis et 2 en cours depuis un an et demi.<br />
Je passe d’une série à l’autre en fonction de l’humeur et de l’inspiration. Quand tout m’ennuie, je tâtonne dans plusieurs directions et ce qui me satisfait débouche sur une nouvelle série.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/09.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>L’idée de temps, de durée, est très présente dans ton travail -les natures mortes avec leurs décrépitudes, ou à l’inverse les bonbons avec leurs éclosions – que cherches-tu à montrer à travers ces images qui, elles, sont figées ?</strong></p>
<p>Dans l’idée de raconter une histoire dans une image fixe, j’aime que l’on se projette dans la suite de ce que représente l’image. Avec les bonbons germés, j’aimerais que l’on s’imagine la graine pousser jusqu’à devenir un arbre, dont les fruits sont des bonbons. Avec les natures mortes, j’aimerais que l’on imagine ce qui s’est passé avant la photo ; comment on en est arrivé là.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/10.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>J’ai lu que tu étais « passé maître dans l’art de faire de la pub sans produit ». Je trouve que ça résume assez bien ton travail, qu’en penses-tu ?</strong></p>
<p>C’est une idée plutôt séduisante, dans laquelle je peux me retrouver. Je travaille sur de nouvelles séries qui seront d’une autre veine, mais je continue à  » stroboscoper  » l’imagerie publicitaire et les formats picturaux.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/11.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>On a tendance à dénigrer les images retouchées sur photoshop ou à l’inverse donner plus de valeur à des photos non retravaillées… Que penses-tu de ça ?</strong></p>
<p>Quand on discute avec des gens qui travaillent dans les grands laboratoires de photographie, on apprend que beaucoup de « dieux » de l’argentique sont scannés et retouchés par un tel ou un tel, et il n’y a aucun mal à ça. Ceux qui dénigrent les photos retouchées, par attachement à la photo traditionnelle, ont tendance à oublier que les outils de Photoshop sont, au départ, des adaptations de manipulations réservées au laboratoire professionnel avant l’ère des logiciels de retouches. Je n’arriverai jamais à la cheville d’un technicien de laboratoire à l’ancienne. Mais avec mon écran calibré, j’aime me sentir autonome et faire ma post-production. Cette partie du travail n’est pas entre les mains de quelqu’un d’autre. Je peux accompagner mon idée plus loin dans sa production. Et après tout c’est une question de parti pris. On peut vouloir aimer des photos non retouchées « réelles ». En même temps, quand on fait de la photo, on sait très bien qu’une photo n’est jamais la réalité. Le Photo-réalisme nous pousse à donner un gage de vérité. Mais une photo reste une interprétation, un point de vue, même « pure », non retouchée.<br />
Personnellement, je cherche à faire des images, il ne s’agit pas de captation de la réalité mais de mises en scènes. A ce stade, la retouche me permet de continuer à développer l’idée de cette image.<br />
Je pense que la réticence à la retouche vient d’une confusion entre journalisme et Art, confusion héritée de l’éthique du photo-journaliste. Mais ce n’est pas la même chose, même si certains photo-journalistes sont de très grands artistes.<br />
Pour clore le débat, une photographe dont j’aime beaucoup le travail a dit, à peu de choses près: « je ne suis pas une puriste de la photo, ce que je veux c’est faire de belles images » Gill Greenberg.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/12.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>Tu as fait beaucoup d’expositions ; comment les galeries, les visiteurs, les acheteurs réagissent à tes photos ?</strong></p>
<p>Il y certains « puristes » de la photo que mes images dégoûtent. Malgré cela, mon travail plait quand même. Les collectionneurs qui m’ont acheté des photos ne sont pas, pour la plupart, de ma génération. Je trouve ça plaisant de savoir que mes images séduisent des personnes de divers milieux culturels.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/13.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p><strong>Sais-tu déjà où vont te mener tes nouvelles aventures ? </strong></p>
<p>En ce moment, je dépose des dossiers pour des appels à projet et parallèlement, je travaille sur de nouvelles séries. Je vais également travailler pour des pochettes de disque de divers artistes. Pour le futur, j’ai des expositions qui doivent se confirmer à Los Angeles, au Luxembourg et à Moscou pour 2009-2010. J’ai toujours des photos exposées en permanence à Paris, dans la Galerie Intemporel et à Marseille à la Galerie Saffir.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/21_lapotre/14.jpg" alt="Web-Culture Joachim Lapôtre" /></p>
<p>SITE<br />
<a href="http://jlapotre.free.fr/" target="_blank">jlapotre.free.fr/</a></p>
<p>Interview André Sanchez, relecture Iris Jerro</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2009/06/04/joachim-lapotre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Nastia Bolchakova</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2009/04/22/nastia-bolchakova/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2009/04/22/nastia-bolchakova/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2009 16:28:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Installation]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=35</guid>
		<description><![CDATA[<img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/00.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" />

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Cette célèbre maxime d’Antoine Lavoisier semble présenter de manière adéquate l’univers de Nastia Bolchakova. Il suffit pour cela de regarder attentivement son travail et les matériaux qu’elle utilise : récupération d’objets laissés à l’abandon dans la rue, poubelles, aliments du quotidien, rebuts…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/00.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="top"></a></p>
<p>« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Cette célèbre maxime d’Antoine Lavoisier semble présenter de manière adéquate l’univers de Nastia Bolchakova. Il suffit pour cela de regarder attentivement son travail et les matériaux qu’elle utilise : récupération d’objets laissés à l’abandon dans la rue, poubelles, aliments du quotidien, rebuts…<br />
<span id="more-35"></span></p>
<p>La liberté qui ressort de son art est cette transformation du banal en inédit, de l’habituel en occasionnel (photos à l’appui), du médiocre en exceptionnel ! Un parfait exemple qui légitime la réunion des contraires où l’art donne une leçon de consommation.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/01.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/02.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /></p>
<p><strong>Sur la home de ton site web, il y a ce curieux titre : Plasticienne au foyer ! Faut-il avoir des diplômes pour exercer cette activité ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q2"></a></p>
<p>Je suis née en Union Soviétique en 1980, arrivée en France à un age conscient, j’ai grandi dans deux univers culturels à la foi (le privé était russe dans un contexte français).<br />
Ma mère fut une femme au foyer exemplaire, l’univers formel mais aussi les conventions, l’organisation de la vie quotidienne, restent une référence.<br />
J’ai d’abord été à L’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués (Olivier de Serre) puis fait une recherche en arts plastiques à La faculté de ST Charles (Paris 1) car un besoin de comprendre le pourquoi et le comment de mon désir créatif s’est vite fait sentir.<br />
Mon mémoire intitulé Banalités Précieuses, l’enjeu de la procédure, abordait l’idée d’une forme de connaissance de soi par le biais d’un certain rapport à la matière de la vie de tous les jours.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/03.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="q2"></a></p>
<p><strong>Quand je regarde ton travail, je pense à celui de René Magritte : l’association de contraires, l’utilisation d’objets dans un cadre décalé, les combinaisons avec l’humour et la dérision qui se dégage de ton œuvre… Est-ce qu’il fait parti de tes références, si références il y a ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q3"></a></p>
<p>Si j’ai choisi de situer mon activité dans le champ de l’art, c’est grâce bien sur, à l’existence du travail laissé par les artistes connus. Mon travail est aussi imbibé plus ou moins consciemment des rencontres avec de nombreuses œuvres qui m’ont marquée.<br />
Le travail de Magritte a contribué à élargir le champ de l’art, énoncer des nouveaux possibles.<br />
J’aime le sentiment de puissance qui se dégage de sa façon d’user des images banales.<br />
J’aime cette tension du drôle et pas drôle à la fois.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/04.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="q3"></a></p>
<p><strong>Tu utilises quasiment que des objets de récupération dans ton travail. C’est d’ailleurs ce qui en fait sa force et sa particularité. Est-ce par jeu d’observation, ou simplement par goût du recyclage ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q4"></a></p>
<p>C’est par goût du réel. Mon activité est en étroite relation avec mon environnement immédiat.<br />
Plasticienne pratiquante, je vis dans une situation précaire un peu en marge de l’économie. C’est encore une fois ma situation et mon contexte qui influent sur ce que je fais.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/05.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="q4"></a></p>
<p><strong>Le quotidien est également au centre de ton intervention artistique. Il semble que tu cherches à en dévoiler une nature poétique… D’où vient ce désir d’une seconde lecture de la vie ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q5"></a></p>
<p>Je puise dans la rue, dans les taches ménagères, dans mes tiroirs, dans les conversations avec mes amis, dans mon frigo, dans le métro. Il ne s’agit pas d’inventer, mais de rentrer en contact avec ce qui existe et en transmettre une expérience vécue. Le désir étant celui de consommer ma vie plus librement.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/06.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="q5"></a></p>
<p><strong>Peut-on comparer tes différentes œuvres à des tesselles d’une mosaïque qui se compose ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q6"></a></p>
<p>C’est une comparaison intéressante, et peut être que la pratique initiale de ce savoir faire là, a laissé des traces dans ma façon de procéder.<br />
Mon œuvre sera la somme de mes actes, de désirs matérialisés, de micro-expériences vécues qui s’imbriquent, oui. Il s’agit d’une sorte de chantier, d’un tout qui se monte par à-coups.<br />
Si on parle de tesselles, alors le liant, le ciment de ces fragments, c’est mon être, c’est le temps qui passe.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/07.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="q6"></a></p>
<p><strong>Tu es extrêmement satisfaite de ta résidence à l’Espace 29 de Bordeaux. Qu’est-ce que t’a apporté cette expérience ? Une expérience qui t’a sorti de ton quotidien justement…</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q7"></a></p>
<p>Ça a été une expérience importante c’est vrai.<br />
J’ai sorti ma pratique de sa sphère usuelle et l’ai déployée dans un contexte vierge de repères dans un laps de temps précis. Quelque chose que je ne connaissais jusqu’alors que par à-coups, de façon segmentée, s’est déroulé ici sur un mois, et s’est installé provisoirement dans la galerie.<br />
J’ai pu y réaliser des interventions in situ et réfléchir sur la création d’espaces à partir de plusieurs éléments, à la mise en rapport de ces micro espaces entre eux, mais aussi avec le site. J’ai du me confronter à des questions techniques, des questions d’ordre scénique, penser à la place du spectateur…<br />
L’équipe a été super, j’ai pu bénéficier d’ un logement, d’une subvention, de 100m2 de galerie, j’ai eu des catalogues ! C’est une chance inouïe pour quelqu’un qui débute !<br />
j’ai pu rencontrer des artistes très intéressants, échanger des idées et même réaliser une installation spécifiquement pour une œuvre d’Harry Wenders, plasticien sonore que j’ai rencontré à L’Espace 29. L’exposition fut le résultat de tout cela et m’a donné envie d’avoir de nouvelles expériences.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/08.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="q7"></a></p>
<p><strong>Tu participes au 54e Salon de Montrouge (du 30 avril au 20 mai). Qu’attends-tu de ce type de réunion artistique ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q8"></a></p>
<p>Je veux sonder le pouvoir cognitif de mon travail, soumettre mon expérience artistique à un public. Un projet d’exposition permet de réaliser un nouveau volet, j’y étalerai la matière de mon activité de ces 3 derniers mois.<br />
J’espère aussi y faire des rencontres intéressantes qui me mèneront vers de nouveaux projets.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/09.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="q8"></a></p>
<p><strong>Je sais que tu es à l’écoute de ce qui se passe dans l’art contemporain, quel regard portes-tu dessus ? Et quelle définition donnes tu à l’art contemporain ?</strong><br />
<a class="imagelol" title="suite" href="#q9"></a></p>
<p>Je dirai juste que la place de l’artiste dans la société n’est pas clairement définie, c’est problématique, mais peut être es-ce pour cela que j’y vois une sorte de refuge… Quoi qu’il en soit, je suis très loin de ceux qui se comportent comme des hommes d’affaires, qui manient des budgets énormes, créent des œuvres spectaculaires à gros frais de production, tirent la couverture de l’art vers de véritables événements show-biz.<br />
Le rapport à l’art est pour moi une esthétique de l’existence entendue comme une éthique, la créativité donnant du sens à ce qui nous arrive.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/10.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /><br />
<a name="q9"></a></p>
<p><strong>Après « la plasticienne au foyer » , « espèces d’espaces  » ou  » les nourritures humaines « , je suis très curieux de savoir quelles vont être tes nouvelles inventions/interventions. Je sais que ton travail est très lié à l’aléatoire (l’aléatoire c’est d’ailleurs presque de l’amusement), mais as-tu déjà réfléchi à la suite ?</strong></p>
<p>Au mois de juin, je participe au Festival CRANE en Bourgogne. Je suis invitée à réaliser en 10 jours une œuvre dans la grange d’un château moyenâgeux. J’ai répondu à quelques appels à projets qui m’intéressaient pour la suite… (expositions thématiques, résidence à l’étranger…) Ce que je veux par dessus tout, c’est me donner les moyens de continuer.<br />
Je te tiendrai au courant, promis.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/17_nastia/11.jpg" alt="Web-Culture Nastia Bolchakova" /></p>
<p><a href="http://www.a-bolchakova.com/">www.a-bolchakova.com</a><br />
<a href="http://abolchakova.blogspot.com/">abolchakova.blogspot.com</a><br />
<a href="http://www.ville-montrouge.fr/">www.ville-montrouge.fr</a><br />
<a href="http://espace29.blogspot.com/">espace29.blogspot.com</a><br />
<a href="http://www.sos-art.com/">www.sos-art.com</a></p>
<p>Interview André Sanchez</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2009/04/22/nastia-bolchakova/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>ComoSeta</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2009/04/19/comoseta/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2009/04/19/comoseta/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2009 16:28:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dessin]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=33</guid>
		<description><![CDATA[<img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/00.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" />

Trois yeux par ici, quelques bras par là, des langues qui pendouillent, plein de monstres poilus, le tout finement dessiné… Bienvenue dans l’étrange univers de Greg Picquet alias COMOSETA !
Graphiste, illustrateur, artiste qui nous a saisi par la singularité de son travail. Donnez-lui une feuille blanche et elle sera vite inondée de formes et de personnages bizarres sortis tout droit d’une mythologie disparue. On a pu découvrir, en mars dernier, quelques uns de ses malicieux dessins à la galerie l’Art de Rien à Paris.
Mais, tout comme vous, ma première question se dirige vers cet étrange pseudonyme : COMOSETA…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/00.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /><br />
<a name="top"></a></p>
<p>Trois yeux par ici, quelques bras par là, des langues qui pendouillent, plein de monstres poilus, le tout finement dessiné… Bienvenue dans l’étrange univers de Greg Picquet alias COMOSETA !<br />
Graphiste, illustrateur, artiste qui nous a saisi par la singularité de son travail. Donnez-lui une feuille blanche et elle sera vite inondée de formes et de personnages bizarres sortis tout droit d’une mythologie disparue. On a pu découvrir, en mars dernier, quelques uns de ses malicieux dessins à la galerie l’Art de Rien à Paris.<br />
Mais, tout comme vous, ma première question se dirige vers cet étrange pseudonyme : COMOSETA…<br />
<span id="more-33"></span><br />
<img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/01.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/02.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Qu’est-ce qu’il veut dire et pourquoi l’avoir choisi ?</strong></p>
<p>C’est vieux ; ça a environ 10 ans, quand j’ai commencé mon boulot de créatif. D’ailleurs, à la base, c’était Comounaseta, qui veut dire en espagnol « comme un champignon » et où le champignon est plus vu comme une moisissure envahissante. J’adore cette notion d’invasion et de prolifération sur la surface. Ça se retrouve souvent dans mes travaux où le support, quelque soit sa forme, est potentiellement en rapport de force, qu’il soit média ou médium. Par exemple, une feuille : tu peux complètement la recouvrir de dessin et, à la fin, tu ne sais plus qui est le support, la feuille ou le dessin.<br />
Par la suite, j’ai raccourci mon pseudo en Comoseta pour des questions plus pratiques.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/03.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/04.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Qui étais-tu  avant de devenir Comoseta ? Parle-nous de ton parcours : études, écoles, découvertes…</strong></p>
<p>Avant de devenir Comoseta, j’ai fait plein de choses inutiles et qui, dans un sens, n’ont pas grand chose à voir avec le domaine de la création. J’ai suivi un cursus de biologie. J’ai fais de l’ethnologie et un peu de droit de l’environnement. Par la suite, j’ai fait un DU de multimédia qui m’a amené à travailler le graphisme à partir de 1999, pour une association de vulgarisation scientifique et technique. C’est là que j’ai fait des ateliers d’arts plastiques avec des enfants de maternelle. J’ai adoré ça et j’ai commencé un travail personnel de recherches sur les médiums : peintures, bombes, encre, etc. Comme pas mal de monde, j’ai fait du graff et du tag entre 1993 et 1995. Depuis, je n’en fais plus… même si, quand mes potes vont faire un mur, ça me tente toujours. Mais fini la pratique à la bombe, je préfère le poska et les pinceaux. Après, les découvertes se font naturellement par des rencontres, des choses partagées sous formes de cadavre exquis et de fresques croisées.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/05.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Quels furent tes premiers coups de cœur dans l’art ? Ont-ils été des éléments déclencheurs pour toi ?</strong></p>
<p>Mon premier coup de cœur, je l’ai eu assez tard, en visitant un musée à Strasbourg. C’était un tableau de Klimt, « l’accomplissement » si je me souviens bien. J’ai adoré le fond, la forme et l’intention. D’ailleurs, j’apprécie pas mal d’artistes de cette période, comme Mucha ou Schiele. Sinon, j’aime bien certains mouvements pour leurs formes intellectuelles, comme les nouveaux réalistes. J’aime aussi les Dripping de Pollock. Il y a un an, j’ai revu une de ses toiles au Centre Georges Pompidou et la force qui s’en dégage m’a bouleversé. J’aime les Surréalistes ou, de manière plus contemporaine, les Pop-surréalistes américains (low brow art). J’apprécie énormément les œuvres de Matisse. Il y a un très beau musée pas très loin de chez moi, avec ses grandioses collections de motifs, de répétitions…<br />
Pour ma part, je cherche encore ma propre forme d’expression, même si j’apprécie le travail à l’encre pour sa finesse et les sentiments qui s’en dégagent. Je ne pense donc pas que je puisse parler d’élément déclencheur en soit. Il s’agit plutôt d’une « nourriture », d’un plaisir qui nourrit mes envies.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/06.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Les monstres qui se cachent sous ton lit ou dans ton placard te poursuivent depuis longtemps ?</strong></p>
<p>Ah ah, ces monstres ne se cachent pas dans mes placards. Ce sont plutôt des amis dans ma tête. Ils sont souvent le reflet de caricatures de faits, de personnes…</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/07.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Dans ton travail, on retrouve des aspects monomaniaques, voire fétichistes : répétition de formes, de traits, d’éléments… Qu’est-ce que cela représente pour toi ?</strong></p>
<p>J’aime bien le terme « psychose » pour définir certains aspects de mon travail ! Et, en effet, il y a pas mal de formes graphiques et de personnages qui sont récurrents dans mes illustrations. Il y a les « no head » : ce sont les travailleurs, les MBD (métro, boulot, dodo) qui, à force de ne plus penser pour eux, voient leurs yeux disparaître pour laisser place à un vide, sans âme, sans esprit. Il y a les serpents et multiples dragons qui symbolisent la tentation. Ils viennent t’enlacer, te pousser vers d’autres envies. Eux, au contraire, ont souvent une multitude d’yeux. Ils te regardent, t’observent et te jugent.<br />
Comme je le disais, ces monstres sortent de ma tête suite à des rencontres. Beaucoup de gens parlent de leur vie monotone ; pour moi, c’est souvent un terrain prolifique à la création. Les bras multiples pour les passionnés, les oreilles énormes pour les indiscrets…<br />
Une autre part de cet univers vient également de ma vie, de ma fille qui est handicapée et qui vis dans son petit monde, ou bien d’épisode de la vie qui font voir les choses différemment…</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/08.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Entre travail numérique ou traditionnel, quelle est la forme d’expression que tu privilégies le plus ?</strong></p>
<p>Sans aucune hésitation, le traditionnel. Mais je ne renie pas la forme numérique et j’en fais d’ailleurs souvent usage. J’y prends du plaisir mais ce n’est pas le même usage ou la même finalité. Le numérique me permet de tester des choses qui me prendraient plus de temps avec un crayon. Je prends plaisir à utiliser la tablette, mais jamais autant qu’avec un stylo à la main. Il n’y a pas la même intensité. Le numérique permet de corriger les fautes trop facilement et, de ce fait, on n’a pas la même maîtrise de l’erreur. Je travaille toujours mes illustrations directement à l’encre, quitte à devoir transformer certaines choses qui sont ratées.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/09.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Les TOY sont également une bonne opportunité d’expression pour toi…</strong></p>
<p>Je pense qu’on devrait davantage parler de la culture du DIY (Do it yourself), qui a émergé il y a 2 ou 3 ans aux yeux du grand public et qui propose la customisation d’objets. C’est plutôt bien dans le fond mais, souvent, les abus conduisent à la pauvreté du résultat. J’ai fait deux expositions-vente de Toys. Je ne vais pas dire que je n’ai pas apprécié mais je trouve le support assez mal adapté à la création. Il faut, en effet, beaucoup de matériel pour faire du beau boulot.<br />
Le dernier Toy que j’ai fait était pour une vente chez Christies. Il s’agissait d’une sorte de singe que j’avais nommé « Sustainable Monkey ». C’était un pied de nez à la société de consommation dans laquelle nous vivons. C’était un jouet pour grands enfants qui ont de l’argent. Sur ce point de vue on ne peut pas blâmer cette mode.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/10.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Comment as-tu réagi à tes premières propositions d’exposition et de possibilité d’investir les lieux ?</strong></p>
<p>J’étais surpris, je ne pensais pas pouvoir intéresser des gens. Cela dit, à l’heure actuelle, je n’ai fait que des expositions collectives. Mon plus beau souvenir d’exposition date de bientôt 2 ans. Une exposition sous forme d’installation peinte. C’était à Barcelone, dans une énorme salle de 2500m2. Il y avait 6 artistes, avec un beau défi à la clé : utiliser un mur de 12 mètres sur 3, en 5 jours… L’exposition s’appelait « Habia Una Vez A Nino Muerto » : il était une fois un enfant mort. Le sujet était vaste et reprenait des standards de la culture espagnole. J’ai tout de suite pensé à Guernica, mais le curateur m’a invité à ne pas introduire de politique dans ce type d’exposition « Street Art ».Pour les lieux, je les considère tous uniques. La forme d’expression dépendra de ce qu’on nous laisse faire, de la possibilité d’échange avec les autres artistes. Comme je le disais, j’adore les cadavres exquis : à mon sens, ils mélangent la complexité de s’adapter à l’autre tout en conservant son identité.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/11.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><strong>Que prépares-tu pour ce printemps ? </strong></p>
<p>Actuellement, je participe à une exposition collective, à la Strychnin Gallery à Berlin ; c’est un projet réalisé par Giovanni Cervi, pour la protection des baleines.<br />
Et puis, à partir du 18 avril, je participerai à l’exposition « My Doll », à la Toast Gallery, à Paris, un projet initié par June Leeloo.<br />
J’espère faire ma première exposition personnelle en septembre, mais rien n’est encore défini.<br />
Je prépare également une adaptation caricaturale de l’Opéra des Gueux de Bertold Brecht et Kurt Weill. Il y aura un livre musical, illustré avec une artiste de Montpellier que j’apprécie beaucoup.<br />
Ensuite, niveau technique, j’aimerais refaire des grands formats à base d’encre et acrylique. J’aimerais aussi faire de la gravure, même si c’est un désir qui coûte cher. Cette envie, je l’ai eue en voyant les folios de deux artistes dont j’aime bien le travail : Caroline Surry et Anne Van der Linden.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/16_comoseta/12.jpg" alt="Web-Culture ComoSeta" /></p>
<p><a href="http://comoseta.carbonmade.com/">comoseta.carbonmade.com</a><br />
<a href="http://www.toastgallery.com/">www.toastgallery.com</a><br />
<a href="http://www.strychnin.com/">www.strychnin.com</a></p>
<p>Interview André Sanchez</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2009/04/19/comoseta/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Julien Langendorff</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2009/04/17/julien-langendorff/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2009/04/17/julien-langendorff/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2009 16:27:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dessin]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=29</guid>
		<description><![CDATA[
Le 7 avril prochain, aura lieu à la galerie du Jour Agnès B, une exposition de Julien Langendorff. On commence à bien connaître ses œuvres, ses multiples collaborations et les éloges sur son travail généreux ne manquent pas. Généreux, sans aucun doute, mais ce trait de caractère suffit-il à le définir ? Il est incontestable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/00.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p>Le 7 avril prochain, aura lieu à la galerie du Jour Agnès B, une exposition de Julien Langendorff. On commence à bien connaître ses œuvres, ses multiples collaborations et les éloges sur son travail généreux ne manquent pas. Généreux, sans aucun doute, mais ce trait de caractère suffit-il à le définir ? Il est incontestable que ce jeune artiste nous pousse à diverses interrogations…<br />
Accrochez vous !<br />
<span id="more-29"></span></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/01.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>Des trottoirs de Brooklyn au Palais de Tokyo… peux tu nous parler de cette fulgurante ascension ?</strong></p>
<p>Tout s’est fait un peu par hasard… Le jour où Jacques Noël du Regard Moderne (<a href="http://www.unregardmoderne.com/">www.unregardmoderne.com</a>) m’a proposé d’exposer des gravures, je n’arrivais pas à y croire, c’était un sentiment vraiment fort. Je ne pensais pas que quelqu’un pouvait s’intéresser à ces dessins que je faisais chez moi, le soir en écoutant des disques… J’adore Jacques, il est un peu comme un mentor, et lorsqu’il m’arrive de ne pas être au top de ma forme je vais lui rendre visite. Sa librairie est un sanctuaire, il connaissait William Burroughs et beaucoup de gens l’admirent… Un après-midi Sonic Youth ont amené Beck là-bas et ont enregistré des chansons. C’est grâce à lui que j’ai auto-édité mon premier livre « The Random Rites Of Loneliness », il me harcelait pour que je le fasse, et j’ai vite compris par la suite que c’était une excellente manière de diffuser mon art&#8230; Des gens l’ont remarqué et m’ont proposé de faire des choses. Après cela j’ai fait un autre livre intitulé « Goodbye Horses » à Berlin. J’ai passé pas mal de temps à Brooklyn, où j’ai rencontré les gens de la galerie Cinders lors d’un concert de mon ami Jeffrey Lewis. Je leur ai envoyé des dessins plus tard et depuis j’ai fait pas mal de shows là-bas. Après c’est une succession d’expositions qui ont amené d’autres expositions, des rencontres, etc.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/02.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>Quels furent tes premiers supports d’expression ? Musique, écriture, peinture, dessin… ?</strong></p>
<p>Je dessine depuis toujours, mais la musique est vraiment ce qui m’a accroché le plus, et c’est encore le cas maintenant.. J’ai appris à jouer de la guitare et de la batterie dès l’âge de 8 ans, je me souviens que j’essayais d’écrire des chansons avec un ami, on parlait de trucs satanistes, en fait maintenant que j’y pense on était exactement comme dans la chanson des Mountain Goats « The Best Ever Death Metal Band In Denton » ! Mon père était batteur dans un groupe psychédélique, il jouait dans les musées d’art moderne et ce genre de trucs. J’étais un peu décalé par rapport au gens à l’école, car j’adorais le classic-rock, j’écoutais Led Zeppelin, Creedence…<br />
J’étais obsédé par les Rolling Stones, je collectionnais tous les bootlegs de la période Mick Taylor. En fait la peinture m’a intéressé un peu plus tard, j’ai découvert David Hockney, Basquiat… J’ai toujours aimé l’art mais à partir du moment où j’ai réalisé qu’on pouvait y trouver la même énergie que dans le rock, ça m’a vraiment donné envie de m’y intéresser davantage.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/03.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>On te qualifie d’artiste multidisciplinaire. Comment en es-tu arrivé à ce statut ? Peux-tu nous parler des tes diverses collaborations… Andrea Crew, Herman Dune…</strong></p>
<p>Je me suis toujours exprimé selon différentes manières et c’est quelque chose de naturel pour moi. La plupart de mes amis et de mes artistes préférés sont à la fois peintres, musiciens, écrivains… Exprimer un univers dans lequel tout s’assemble, un dessin, une chanson, un beau poème est quelque chose de complètement fascinant, je trouve, que l’on soit spectateur ou créateur c’est une expérience puissante. C’est vrai, j’aime bien collaborer avec d’autres personnes et j’ai la chance de souvent faire des rencontres propices à cela. David-Ivar Herman Dune est l’un de mes meilleurs amis et ensemble on a fait trois expositions de dessins réalisés à deux, ainsi que publié un livre intitulé « Barefoot/Bad Omen ». Nous avons fait beaucoup d’œuvres à quatre mains, et construit des narrations selon un procédé qui ressemble à l’écriture de chansons. Il a enregistré des disques merveilleux avec son groupe, il écrit de beaux poèmes simples et sincères et travailler avec lui a été quelque chose de très inspirant.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/04.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p>J’ai récemment réalisé un film avec Jason Glasser intitulé « Pillars Of Fire », dont l’idée a germé suite à une installation que j’ai exposée dans une galerie rue Louise Weiss, j’avais fait cette grande sculpture en cheveux très étrange je crois&#8230; Nous avons écris toute la bande-son et des chansons, que nous jouons live pour accompagner les projections du film ; et aujourd’hui nous ne savons plus nous-mêmes si ce projet est un film ou un groupe. Pillars Of Fire est une formation très libre, à laquelle se joignent souvent d’autres musiciens, la songwriter Sol, Lori Sean Berg du groupe Berg Sans Nipple, Matteah Baim…</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/05.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p>Nous allons bientôt jouer avec Psychic TV, c’est très excitant car j’aime beaucoup Genesis P-Orridge. Jason est un de mes peintres préférés, je ne le connaissais pas encore personnellement quand j’ai vu une des ses expositions il y a quelques années, et j’avais immédiatement adoré son travail. Je lui donne de temps en temps un coup de main avec son groupe Fruitkey, et c’est une personne avec qui j’aime beaucoup traîner et discuter. Andrea Crews m’ont proposé de faire des t-shirts, je ne suis pas exactement dans l’esthétique qu’elles véhiculent mais ça m’a amusé de faire ça, le côté hand-made de leur production est quelque chose dont je me sens proche, et j’aime bien Maroussia Rebecq qui a créé cette marque. Je vais bientôt collaborer avec Sol Sanchez qui est une songwriter magnifique et une photographe très douée, nous allons faire des collages à deux pour une exposition dans une galerie à Paris, son univers me touche vraiment, quelque part entre une sensibilité à la Cassavettes, les films noirs et le porno 70’s…</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/06.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>On cite ton travail comme étant influencé par la contre-culture des années 60, le psychédélisme… Penses-tu appartenir à cette tradition historique ? Quel regard portes-tu sur ces références ?</strong></p>
<p>Je ne sais pas. C’est vrai que je suis très inspiré par cette période… Très jeune j’ai découvert que tout ce truc, c’était pour moi, ça m’a tout de suite attiré. Autant l’imagerie hippie que son versant sombre, the Church Of Satan, la Manson Family, le concert d’Altamont..Tout se rejoignait pour m’offrir un univers tellement magnifique, autant en musique, en cinéma, qu’en littérature et mode de vie.. Les films de Kenneth Anger, les films de Garrel comme « Le lit de la Vierge », « La Cicatrice Intérieure », « Athanor »… Je suis fasciné par les films de Philippe Garrel, j’ai récemment vu Le Berceau De Cristal à la Cinémathèque de Paris, c’était hallucinant ! Certains de ses films sont très difficiles à visionner, il n’existe pas beaucoup de copies… Quand j’ai découvert son œuvre, en particulier du « Révélateur » jusqu’à la fin des années 70, ça m’a bouleversé car l’attitude et les images m’ont immédiatement passionné.. Cette sensation étrange, d’avoir quelque chose en tête sans réussir à le définir et de découvrir le travail de quelqu’un qui le matérialise. C’est à la fois romantique, mystique, très stylisé, une atmosphère en même temps gothique et psychédélique, austère et expressionniste.. Je ne me pose aucune question relative à une quelconque appartenance historique, je fais des choses, je crois, guidées par une sensibilité qui vient de là car ça fait partie de ma vision du Beau…</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/07.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/08.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>Tu as l’air de bien t’amuser avec un stylo BIC… Pas mal d’artistes l’utilisent, je pense à Jan Fabre notamment. Quelle est la particularité de ce médium ?</strong></p>
<p>J’aime bien Jan Fabre… En fait j’ai commencé à beaucoup l’utiliser car c’est tout simplement l’un des objets les plus accessibles pour créer, et j’aime les nuances et l’aspect que celui-ci procure. C’est étrange que les gens aient focalisé mon travail là-dessus à un moment ; je veux dire que je ne me considère même pas spécialement comme un dessinateur ; alors ce truc de l’artiste du stylo bic c’est vraiment quelque chose de bizarre. Je crois que ça véhicule une sorte d’imagerie cool, lié à un aspect lo-fi car c’est un objet du quotidien ou quelque chose comme ça… Pour moi c’est un genre de stylo comme un autre, c’est tout.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/09.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/10.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>Comment se passe la réflexion et l’écriture d’un projet pour une galerie ? Quel rapport entretiens tu avec le galeriste, justement ?</strong></p>
<p>D’ une manière très instinctive. Les galeristes ont souvent besoin de quelque chose de très précis afin d’écrire leur communiqués de presse etc. Moi j’ai une idée en tête mais qui est toujours difficile à exprimer, j’ai rarement fait des projets avec un concept définitif. Les idées viennent comme ça, c’est très mystérieux. Parfois, je décide d’une certaine technique ou esthétique qui va définir la production, parfois je vois une image quelque part qui me touche et me donne envie de travailler sur une nouvelle série d’œuvres. Il n’y a pas de règles en fait. Mes galeries sont super et me font totalement confiance, j’aime bien les gens de Cinders à NY, qui ne sont pas beaucoup plus vieux que moi et qui partagent la même culture que moi je crois.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/11.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>Peux-tu nous parler de « The Ritual Key », que tu vas présenter à la galerie du Jour Agnès B ?</strong></p>
<p>J’ai été invité par Agnès à exposer aux côtés d’Antony, du groupe Antony and the Johnsons… Je ne connais pas très bien son travail, mais nous avons quelques amis en commun, et je suis impatient de voir cette exposition. Je prépare une nouvelle série de papiers découpés, une technique que j’ai découvert récemment et que j’aime beaucoup. Le principe est le même que celui qu’utilisait Matisse à la fin de sa vie, découper des formes à-même la couleur et les assembler sur le papier. J’aime l’aspect un peu primitif et étrange de cette technique, c’est bizarre car mon intérêt pour celle-ci est arrivée à un moment où je disais beaucoup de choses dans mes dessins, il y avait beaucoup de détails, du texte, et à un moment j’ai eu envie d’un peu plus de retenue. Aussi ça m’a permis de travailler sur quelque chose de plus abstrait, parfois des formes pures, et découvrir un nouveau vocabulaire visuel…</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/12.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>Marcel Duchamp a dit : « Le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût ! ». L’art contemporain devient un terme galvaudé et sert de plus en plus à désigner n’importe quoi… Qu’en penses tu ? Est-ce que tu suis ce qu’il se passe dans les galeries ?</strong></p>
<p>Oui je crois… Je me tiens au courant, mais je vis vraiment dans une bulle, la plupart des choses que j’aime dans l’art, la musique, le cinéma ne sont pas vraiment de maintenant. Il est rare de me voir aux vernissages et ce genre de manifestations. La plupart des expositions que je vois dans les galeries à Paris ne m’intéressent pas beaucoup. Je suis représenté par une galerie à New York qui s’appelle Cinders, quand je me rends dans cette ville c’est beaucoup plus excitant. Les grosses galeries là-bas n’hésitent pas à exposer de jeunes artistes, des gens avec des visions uniques ; sans forcément un rapport avec ce qui marche en ce moment. Les derniers artistes récents que j’ai vraiment aimés sont Kyle Field et Chris Johansen, mais je crois que je me tiens plus au courant des nouveaux groupes que des nouveaux artistes.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/13.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>Quels sont tes objectifs pour 2009 ?</strong></p>
<p>J’ai des projets de films que j’aimerais réussir à concrétiser, c’est à peu près tout ce qui m’intéresse en ce moment.</p>
<p><img src="http://webculture2009.free.fr/14julien/14.jpg" alt="Web-Culture Julien Langendorff" /></p>
<p><strong>Parle-nous de ce que tu aimes…</strong></p>
<p>Je viens de finir l’autobiographie de Ronnie Wood, les Stones sont une des choses que j’aime le plus au monde. Récemment j’ai revu The Holy Mountain de Jodorowsky, et je ne me souvenais pas que les décors étaient si spectaculaires.. Mon ami Robert Lowe m’a appris que John Lennon et Yoko Ono avaient en partie financé le film.. Robert est un musicien insensé, son projet s’appelle The Lichens et j’aimerais qu’il joue dans des stades ou alors pendant l’entracte du Superbowl, ça permettrait aux gens de se rapprocher un peu plus de la nature… J’aime les disques de songwriting avec des paroles incroyables, comme par exemple « Blood On The Tracks » de Bob Dylan et « All Hail West Texas » des Mountain Goats. J’ai récemment vu un magnifique livre sur l’art des Shakers, une secte protestante déviante liée aux Quackers à la fin du 18e siècle. Leur sens de la composition, des couleurs et leur agencement de formes magiques sont éblouissants. Augustin Lesage, un artiste qui communiquait avec les esprits qui lui dictaient la peinture de tableaux obsessionnels censés représenter l’architecture de l’univers. Ma fiancée m’a fait découvrir John Jacob Niles, un chanteur américain folk traditionnel dont la voix et l’interprétation sont parmi les plus intenses que j’ai écoutées. Un des groupes de ces dix dernières années qui m’a le plus impressionné est Wooden Wand And The Vanishing Voice. J’ai eu la chance de les voir à NY peu de temps avant qu’ils se séparent, et leurs disques sont d’une étrangeté vraiment attirante, un peu comme visiter une maison hantée sous mescaline !</p>
<p><a href="http://www.fatgalerie.com/">www.fatgalerie.com</a><br />
<a href="http://www.galeriedujour.com/">www.galeriedujour.com</a><br />
<a href="http://www.cindersgallery.com/">www.cindersgallery.com</a></p>
<p>Interview André Sanchez</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2009/04/17/julien-langendorff/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Christophe Blanc</title>
		<link>http://www.webculte.fr/2009/02/26/christophe-blanc/</link>
		<comments>http://www.webculte.fr/2009/02/26/christophe-blanc/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2009 16:24:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dessin]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.webculte.fr/?p=23</guid>
		<description><![CDATA[Christophe Blanc (rien à voir avec Michel et Laurent) est un illustrateur / réalisateur indépendant. Après des études aux beaux-arts de Toulouse, il fonde en 1998 D-tracks, un collectif de vidéo et d’art contemporain. En 2003, il s’installe à Paris, il est représenté par l’agence Creative Syndicate et réalise des films d’animations pour FIAT et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Christophe Blanc (rien à voir avec Michel et Laurent) est un illustrateur / réalisateur indépendant. Après des études aux beaux-arts de Toulouse, il fonde en 1998 D-tracks, un collectif de vidéo et d’art contemporain. En 2003, il s’installe à Paris, il est représenté par l’agence Creative Syndicate et réalise des films d’animations pour FIAT et COCA COLA. Parallèlement sous le nom de VALPARESS il développe un travail graphique trash et sombre à la fois, sur support papier (dessin, livre…) et dans des films d’animations. Il se fait alors remarqué par des groupes de rock comme LCD Soundsystem pour qui il réalisera plusieurs vidéos clip. Depuis 2004, on peut voir régulièrement ses films dans l’émission « Les films faits à la maison » sur Canal +.Aujourd’hui il vit et travail à Nîmes.<br />
Sous cette présentation conventionnelle, se cache un véritable trublion de l’illustration et de l’animation. Christophe a répondu à quelques questions et joué franc-jeu sans langue de bois, à l’image de son crayonné frénétique et des idées toutes aussi énergiques.<br />
<span id="more-23"></span></p>
<p><strong>Dis moi Christophe…<br />
Ne te prendrais tu pas un peu pour notre « omniprésident » ? :<br />
D-tracks, Valparess, Super, BD, clip, sketchbook, dessins, print, blog, communication, évènementiel, publicité… ? Comment fais-tu pour gérer toutes ces casquettes ?</strong></p>
<p>Comme notre « omniprésident », je m’appuie avant tout sur une hygiène de vie irréprochable, un long jogging le matin une alimentation seine et équilibrée, jamais d’alcool et beaucoup de drogue, ou l’inverse. Sinon c’est surtout une façon de varier les plaisirs tout en faisant finalement toujours la même chose. Je n’aime pas l’idée de m’enfermer dans une pratique ou dans une catégorie (artiste, illustrateur, graphiste…) et je trouve très intéressant de pouvoir travailler (parfois en même temps) sur une publicité avec plein de contraintes, de réunions, de préparations, un gros budget et sur un fanzine obscur qui sera tiré à 100 exemplaires.<br />
Souvent les projets se nourrissent les uns les autres, par exemple le premier dessin animé que j’ai fait c’était un film pour Coca Cola, le projet n’a pas était retenu mais ça m’a permis de tester l’animation et le dessin et juste après j’ai fait trois clips pour Gilles De la Tourette (un groupe de rock qui n’existe malheureusement plus) en dessin animé. Par ailleurs internet favorise cette impression de multiplicité et de schizophrénie.</p>
<p><strong>C’est plus ou moins à cause d’une jeunesse « Marvel » que tu as choisi le dessin ?<br />
D’ailleurs est-ce que Super n’est pas une forme de revanche ? (Voir le dessin de Super traînant Spidey et Batman : <a href="http://www.jesuissuper.fr/">www.jesuissuper.fr</a>)</strong></p>
<p>Oui, j’ai toujours été un fan de comics et j’ai dessiné un gros paquet de types musclés avant de faire Super.<br />
Plutôt qu’une revanche, Super est un hommage aux super-héros, pour moi c’est une sorte de synthèse ou de jus, si on prend à peu prés tous les super-héros et qu’on les presse très forts entre eux on devrait obtenir quelque chose comme Super… en tout cas se sera rouge…<br />
A côté des super-héros, il y avait aussi les Cow-Boys. C’est bien aussi les Cow-Boys c’est un peu la même chose que les super-héros mais sur un cheval. En dessin, j’ai aussi été très marqué par Blutch, Pierre La police, par les travaux des éditions du Dernier Cri et bien d’autres encore. Je m’inspire énormément de beaucoup de dessinateurs et j’aime beaucoup changer de style. Ce qui est intéressant en illustration ou en publicité, c’est quand on peut essayer des choses vers lesquelles on irait pas tout seul.</p>
<p><strong>Tu sembles attacher beaucoup d’importance au dessin abstrait, est-ce un défouloir ou une source d’inspiration ?</strong></p>
<p>C’est un défouloir, mais c’est surtout une mise au point par rapport au dessin, une réflexion sur le geste et l’acte du dessin. Le principe c’est d’enlever le sujet pour ne plus avoir que le trait et n’obtenir que la matière. C’est à la fois très libre parce que sans contrainte, sans schéma, sans intention, sans narration et à la fois très tendu parce qu’il faut arriver à ce que le dessin soit équilibré sur la feuille et dans son format. Parfois c’est aussi simplement une gymnastique de la main, on en revient toujours au jogging…</p>
<p><strong>D’après toi, qu’est-ce qui attire tes clients dans ton travail ? Comment le perçois-tu et quel est son utilisation idéale ?</strong></p>
<p>Je n’ai pas eu une multitude de clients pour en tirer vraiment un schémas, mais dans les mots qui sortent régulièrement il y a : fraîcheur, trash, contre-pied… Je pense que ça répond à peu près à ta question. Lorsque l’on m’appelle sur un projet c’est pour amener quelque chose d’un peu décalé, d’un peu rock’n&#8217;roll (vu les travaux que je fais je trouve ça normal) par contre cela limite sûrement mon champ d’action dans la publicité car ce serait très étonnant – bien que très décalé – que l’on me contacte pour vendre de la lessive ou du parfum, quoi que j’ai bien fait une campagne pour des voitures… Ce qui attire aussi c’est le côté « fait main » et stylo bic qui tranche avec des images plus lisses auxquelles on n’est plus habitué.</p>
<p><strong>Pour l’animation, le logiciel Flash a dû changer beaucoup de choses pour toi… est-ce que cela a également développé ta créativité ?</strong></p>
<p>« Flash », kezako ? Je ne travaille pas du tout sur Flash. Pour exemple, le site « www.jesuissuper.fr » est fait sur Flash (par Loïc Godin : <a href="http://www.tryon-design.com/">www.tryon-design.com</a>, merci encore !) mais pas les films. Pour les films je travaille sur Aura, l’ancêtre de TV Paint, c’est un logiciel d’animation 2D. En gros sur TV paint, on travaille en approche bitmap alors que sur Flash on travaille en vecteurs. Disons que sur Aura on travaille beaucoup à la main (tablette graphique) et ça se voit. En tout cas ce logiciel m’a énormément apporté, il détermine carrément le style d’animation et de dessin que l’on trouve dans mes films.</p>
<p><strong>« Artistes, créateurs, je vous aime » Dixit Nicolas Sarkozy. C’est une phrase qui en dit long… Je sais que tu es très attaché à l’image du Président (voir blog). Que penses-tu de sa position par rapport à l’art et quel bilan pourrais-tu tirer de l’art actuel dans notre pays ?</strong></p>
<p>La position de Nicolas Sarkosy est toujours la même sur tous les sujets « lui derrière et nous devant »… (Merci pour la perche!)<br />
En fait je ne m’intéresse que de loin aux déclarations présidentielles. Le blog Sarkozyzy c’est un peu un hommage rendu, « rendons à César… », une façon de dire « chapeau bas » monsieur le Président…mon engagement ne va pas beaucoup plus loin que le bout de sa bite (cf. blog vite : <a href="http://valparess.over-blog.com/">valparess.over-blog.com</a>).<br />
Sur l’art et la culture je n’ai pas trop écouté ce qu’il disait, mais je dirais que l’art actuel dans notre pays : çà va mieux, il y’a eu des périodes où c’était pire mais là c’est bien, l’art contemporain est stable, la sculpture est montée de 0,2%, la peinture a atteint sa vitesse de croisière de 130 km/h et le spectacle vivant rafle toutes les subventions, salauds ! (ndlr : Humour !!!)</p>
<p><strong>Parles-nous de tes projets à long et moyen termes… Quel est ton rêve le plus fou ?</strong></p>
<p>Les projets actuellement, c’est une exposition à Nîmes en mars à la galerie « Bienvenue à bord ». C’est aussi une installation multimédia « samp(l)ing/samp(l)ong » que nous venons juste de terminer avec Jean François Oliver et que nous espérons pouvoir faire tourner all over the world. C’est aussi développer la série « je suis super » et notamment trouver des partenaires prêts à mettre des fonds dedans sans trop poser de questions ! C’est aussi faire des figurines articulées de Super et des slips avec imprimés dessus « j’aime mon bras vengeur »… Et beaucoup d’autre chose encore…<br />
Mon rêve le plus fou ? … ce serait d’avoir 16 ans et d’être un fille, çà doit être super extrême…</p>
<p>Interview André Sanchez</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.webculte.fr/2009/02/26/christophe-blanc/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
